Mathusalem

 

 

 

 

Si cesser d'exister est de ne plus être visible;

Si cesser d'exister est le silence;


"...le silence est l'être de l'homme

hanté par le non-être;

il ouvre et creuse et maintient

ouverte la question

de notre identité infinie..."*


Au devant de ce silence,

certains arbres,

certaines essences sont là, à vue.


Ils sont marqués par le passage du temps,

concentré de la mémoire du monde,

pour dire la disparition des leurs,

de la nôtre.


Il en est un,

près de la Vallée de la mort aux Etats-Unis,

le plus vieil arbre du monde,

un pin, le pinus aristata âgé de plus de cinq mille ans

appelé Mathusalem.


Il est un symbole à moitié mort, et à moitié immortel.

Il meurt lentement et depuis si longtemps

qu'il parle, dans son silence, pour tous les autres;

c'est le Patriarche.


Sa présence seule témoigne de son altérité.

Il est là,

faisant partie d'un tout.

 

 

 

 

Et puisque la question de nos origines

et donc celle de la vie comme de la mort,

demeure notre perpétuelle interrogation,

Il m'a semblé évident de mettre en présence cet arbre,

ou tout au moins un Arbre de la même famille,

et l'Espace tout autour.



IL s'agit d'installer un pin, un seul,

dans un espace nu;

suffisamment large pour mettre en évidence tout son importance;

et pouvoir se déplacer tout autour.


Deux visions se dessinent:

-l'une de l'arbre dressé sur un socle,

sorte de totem,

symbole fort de la personnification du père.

Ses racines ancrées dans la terre,

nous relient à lui,

sorte de cordon ombilical universel.

-l'autre montre l'arbre suspendu:

figure emblématique de la régénèrescence,

possédant des "forces intégrantes"

dépassant les quatre éléments

en les synthétisant de façon organique.

 

 

 

 

 

 

*Extrait tiré du livre : L'arbre de vie du vide de Michel Camus

 

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